14/01/2010
Par Karine Sigaud-Zabulon
GROS PLAN. L’Outre-mer décortiqué
Dans un hors-série de 98 pages, le Monde raconte l’Outre-mer en partenariat avec RFO. Son origine, son actualité, son identité.
Couverture Hors-série © Le Monde
Guyane, Martinique, Guadeloupe, Réunion, Nouvelle-Calédonie, Mayotte… Un voyage plus en profondeur dans ces départements et collectivités d’Outre-mer est proposé au lecteur. Articles récents ou plus anciens, se suivent pour une meilleure compréhension de ces régions remplient d’une histoire riche peu relatée, et encore effleurée dans quelques livres d’histoire malgré la loi Taubira voté en mai 2001, reconnaissant la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité et demandant que ces faits historiques soient relatés dans les manuels scolaires notamment.
Des blessures ouvertes bien après l’abolition de l’esclavage
Dans la rubrique Histoire, deux journalistes dressent un
état des lieux. « Esclavage une histoire qui ne passe pas », relate
l’évolution des Antilles. De l’arrivée des premiers colons en 1635, à
l’accession à la départementalisation en 1946. L’article fait ressortir
certaines subtilités totalement méconnues de ceux qui n’ont jamais approché ces
régions. Pour mieux comprendre des interviews alimentent le propos.
L’écrivain Martiniquais Patrick Chamoiseau, explique notamment,
pourquoi cette douleur n’est pas évacuée. Des images d’époques, des portraits
de figures emblématiques de l’Histoire des Antilles et de la Guyane ainsi qu’une carte
de la traite négrière, agrémentent cette rubrique consacrée à l’Histoire. Et
pour mieux comprendre ce que veulent dire les mots « zoreilles »,
« profitation » ou encore « negmarrons » un lexique est
proposé.
« L’obstacle à l’indépendance des nations antillaises
n’est pas à Paris, mais dans la tête de chaque Antillais ». Aimé Césaire
Parmi les articles, l’entretien accordé au journal en 1981 par le poète Martiniquais. Ce chantre de la
négritude, député maire de Fort-de-France durant plus d’un demi siècle est
décédé en 2008. Dans cet entretien, Aimé Césaire y parle de sa passion :
la poésie. C’est pour lui un exutoire.
Il donne aussi son positionnement sur la politique à mener.
« Actuellement, nous devons prendre conscience de nous-mêmes, de notre
identité, et établir avec la
France des liens nouveaux, basés sur l’amitié et la
solidarité et non sur la domination ». « …Préparer un avenir
d’ouverture et éviter l’impasse. Le dernier mot appartient aux
Antillais ». Des propos vieux de près de 30 ans et toujours d’actualité.
L’actualité
Elle est évoquée dans la deuxième partie de ce magazine. Où
en est la Guadeloupe,
un an après la crise ? Quels sont les changements apportés par la grève
générale ? Des éléments de réponse sont apportés dans un article. La grève
générale en image, dans les 4 départements d’Outre-mer viennent rappeler le fil
de ce grand mouvement social. L’occasion également de parler de la vie des
békés en Martinique, une frange de la population montrée du doigt durant la
crise sociale aux Antilles. L’Outre-mer, c’est aussi La Nouvelle Calédonie
avec son émancipation. Le métissage à la Réunion. Des identités
multiples qu’il faut assumer selon la députée Guyanaise Christiane Taubira,
ancienne candidate la présidentielle en 2002.
Identité
C’est le troisième chapitre du magazine. Il s’ouvre sur la
créolisation selon Edouard Glissant. Ecrivain Martiniquais. D’autres
ultramarins vivants dans l’Hexagone disent comment ils vivent leur créolité.
Parmi eux, le leader du groupe Kassav, Jacob Desvarieux, la journaliste Audrey
Pulvar ou encore l’Historienne Française Vergès. Ce hors série, se referme sur
des références d’ouvrages. De quoi mieux comprendre l’Outre-mer.
