12/01/2010
Par Karine Sigaud-Zabulon
MARIE-LUCE PENCHARD. Une feuille de route toute tracée
La ministre de l’Outre-mer fait le bilan de 6 mois d’activités intenses, et présente les mesures prises pour cette année 2010.
La ministre de l’Outre-mer Marie-Luce Penchard © Karine Sigaud-Zabulon
Mardi 12 Janvier 2010, conférence de presse rue Oudinot à Paris. La ministre face aux
journalistes venus nombreux, commence son discours par un hommage au
sous-officier tué en Afghanistan. Ce Réunionnais vient gonfler les rangs des
militaires originaires de l’Outre-mer depuis le début du conflit en Afghanistan.
Depuis 2004 c’est le 5ème ultramarin qui meurt pour la France.
Pas le temps de souffler
A peine arrivée au ministère de l’Outre-mer, Marie-Luce
Penchard doit gérer de gros dossiers. Les suites de la crise sociale aux
Antilles, la mise en place des Etats généraux, les projets de loi organique et
ordinaire concernant l’évolution institutionnelle de la Nouvelle-Calédonie
et Mayotte, la mise en œuvre de la
LODEOM, et le brûlant dossier des carburants. Pour la
ministre, tous ces dossiers ont trouvé un écho favorable. De nombreuses mesures
s’appliqueront dès en 2010.
Une feuille de route de 137 mesures
Elles sont le fruit des résultats des ateliers menés lors
des Etats généraux de l’Outre-mer. Une réponse également, face aux
revendications portées lors des grèves générales observées à la Réunion, en Guyane,
Guadeloupe et Martinique. Cette feuille de route, la ministre compte la suivre
coûte que coûte, et qu’importent les annonces ici ou là des syndicats. Lasse de ce
qu’elle appelle des effets d’annonce, Marie-Luce Penchard estime que le disque
est rayé et que les syndicats devraient en changer. Selon la ministre les
différents points problématiques ont trouvé des réponses. Seul reste le dossier
complexe du prix des carburants. Une réforme est en cours et le décret est en
examen au conseil d’Etat. Il sera publié à la fin du premier trimestre. Cette
réforme par pallier qui aura également un impact sur les salariés de la
raffinerie des Antilles Guyane, se fera en concertation avec l’Agence Nationale
pour l’Amélioration des Conditions de Travail. Quand aux prix, ils seront encadrés
par un Groupement d’intérêt régional de la concurrence. Le GIRC devra être
opérationnel début février 2010. Par ailleurs, un renforcement des contrôles
des prix est prévu.
Le tourisme lui aussi, bénéficie d’un soutien non négligeable
selon la ministre. Outre la
LODEOM, la loi pour le développement économique des Outremers,
qui prévoit des mesures de défiscalisation en faveur de ce secteur, un projet
d’ouverture de la desserte de Roissy sera abordé dès ce 13 janvier 2010. Un
comité de pilotage sera d’ailleurs installé au ministère des transports. Une
mesure prise pour répondre aux nombreuses demandes des professionnels du
secteur.
Les petites et moyennes entreprises ne sont pas ne reste.
Une circulaire publiée le premier trimestre 2010 devrait leurs permettre de
répondre plus facilement aux appels d’offres lancées par les collectivités.
Clore le débat institutionnel
La consultation populaire en Martinique et en Guyane permet
de clarifier une fois pour toute la question institutionnelle. Après avoir dit
non, a une autonomie plus accrue des élus locaux, les électeurs devront dire s’ils veulent ou
pas une collectivité unique pour leur département. Ce sera le 24 janvier 2010. Si
la réponse est négative, la réforme des collectivités territoriales
s’appliquera, ce qui permettra de clore le débat selon la ministre. « Le
développement économique a besoin de stabilité politique. Il fallait évacuer
aussi cette question, de manière à partir sur une démarche aussi plus
construite où on n’aura pas à chaque difficulté, le débat sur l’évolution
institutionnelle… « La question du statut cela embolie tout le reste et
cela ne permet pas de voir e qu’il faut faire et quelles sont les solutions à
apporter ».
