29/01/2010
Par Maité KODA
EMPLOI. Les discriminations perdurent
La Halde a publié son baromètre de la perception des discriminations au travail. L’origine ethnique reste le critère qui continue de poser le plus de problèmes.
Louis Schweitzer, président de la Halde © AFP
Rien de nouveau sous le soleil : on discrimine au travail. L’emploi reste le premier domaine de discrimination. La Halde (Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité) et l’Organisation internationale du travail (OIT) ont publié hier une nouvelle étude qui le confirme.
Le baromètre de janvier 2010 sur la perception des discriminations au travail, dans le privé ou le public révèle que… rien ne change. Pire, les chiffres sont en augmentation.
Maladie, grossesse, âge, mais surtout origine ethnique sont des critères de discrimination récurrent.
L’origine ethnique fait tiquer
Etre issu de la communauté des gens du voyage, Français d’origine étrangère, voire dans une moindre mesure, être originaire des Dom, consiste dans l’esprit des agents de la fonction publique comme des salariés du privé un obstacle à l’embauche et à l’évolution dans l’entreprise : 36% des salariés du privé et 26 %, des agents du public ont déclaré en 2009 avoir subi une discrimination. Premier motif cité dans le privé : l’origine ethnique, juste avant la grossesse. Dans le public, la grossesse et l’âge arrivent en tête de liste.
La Halde a également différencié les discriminations subies des discriminations observées. Dans le deuxième cas, c’est semble t-il, toujours l’origine qui fait tiquer. Des discriminations sur ce critère ont été observées dans 38% des cas dans le privé, 28% dans le public.
A l’origine de ces délits, on trouve, dans près de la moitié des cas les supérieurs hiérarchiques directs, suivis dans l’ordre par la direction et les collègues de travail.
Démissions et mutations
Si les chiffres de cas de discrimination semblent augmenter, les apparences sont trompeuses pour Louis Schweitzer, président de la Halde, « Je crois que la discrimination ne progresse pas en France ; je pense qu’elle recule un peu, mais ce qui recule surtout c’est la tolérance aux discriminations. Il y a 5 ans, 10 ans, on considérait que beaucoup d’entre elles - hommes-femmes, seniors, liées à l’origine - étaient normales. Aujourd’hui elles ne sont plus tolérées, plus acceptées », a-t-il déclaré.
En ce qui concerne les victimes, les réactions ne correspondent pas à celles prônées par la Halde : alors qu’elles considèrent majoritairement les syndicats et les représentants du personnel comme étant les plus aptes à gérer cette question, elles restent plus nombreuses à avoir démissionné ou demandé une mutation qu’à avoir engagé une procédure contentieuse ou témoigné.
